L’hydrogène est de plus en plus présenté comme une solution clé pour la décarbonation dans le cadre de la transition énergétique. Cet article examine comment les marchés financiers perçoivent les entreprises liées à l’hydrogène et si ces actifs présentent des comportements financiers distincts de ceux d'autres secteurs d'énergie propre — en particulier le solaire, l’éolien et les producteurs d’énergies renouvelables. En utilisant des données quotidiennes et une approche économétrique multidimensionnelle — prenant en compte les non-linéarités, les dynamiques de long terme et les corrélations dynamiques — nous analysons à la fois les rendements et les corrélations dynamiques des actions de l'hydrogène par rapport aux autres segments énergétiques. Nos résultats montrent que l’indice de l'hydrogène se comporte davantage comme un actif technologique spéculatif que comme une source d’énergie renouvelable mature. Ses rendements sont plus sensibles aux indicateurs de stress financier (par exemple le VIX) ainsi qu’à la performance des actions technologiques. Les corrélations dynamiques avec les autres secteurs énergétiques sont fortement influencées par les conditions macroéconomiques : les prix du pétrole jouent un rôle de synchronisation, tandis que l’or augmente les rendements mais réduit les corrélations. À l’inverse, l’incertitude géopolitique et financière tend à renforcer les comouvements, reflétant un comportement de « flight to safety ». Ces résultats soulignent la nature hybride de l’hydrogène sur les marchés financiers — volatile, tirée par l’innovation et encore peu intégrée à la classe traditionnelle des actifs renouvelables. Ils apportent des éléments utiles aux investisseurs comme aux décideurs publics concernant l’intégration financière et le soutien stratégique du secteur hydrogène dans la transition énergétique.
Mot(s) clé(s)
Hydrogène, Energies renouvelables, Evaluation des actifs, Rendements boursiers, Corrélations entre marchés